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SCULPTURES

MONUMENTALES

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SCULPTURES MONUMENTALES DANS LES JARDINS :

Rencontre du médiéval et de l’Art Contemporain

Le Château du Rivau a été édifié à l’époque médiévale. Dans les jardins, création contemporaine, les artistes d’aujourd’hui ont enrichi le parcours végétal de leurs œuvres.Vingt pièces monumentales complètent le regard sur l’art contemporain. Cette singularité rend les jardins du Rivau uniques tant pour la valeur artistique des œuvres conservées que pour la cohérence de cette collection des années 1990-2010.

Une périgrination artistique

Oeuvre terre à terre, « Taupologie » du Rivau (2011) l’œuvre de Ghyslain Bertholon. En effet, cette oeuvre prend la forme d’une taupe géante qui émerge des profondeurs de la terre du Potager de Garguantua. S’était-elle perdue dans les souterrains qui reliaient autrefois Le Rivau à Chinon ? Malicieuse, elle semble prendre l’air et saluer les visiteurs dès leur arrivée dans le monde merveilleux du Rivau. 

 

Non loin, « Old Woman shoe » (2009), la monumentale pièce de l’artiste Amy O’ Neill est en dépôt au Rivau dans le cadre de la mission de soutien aux arts plastiques du CNAP. Cette sculpture en forme de godillot surdimensionné renvoie aux objets symboliques des contes de fées. Cette oeuvre  annonce aussi le voyage au pays de l’imaginaire des légendes. 

Bertholon

Gyslain Bertholon

oneill au Rivau

Amy O’neill

Pierre Ardouvin

Pierre Ardouvin

Plus loin, sur l’eau du pédiluve, flotte l’œuvre en céramique de Fabien Verschaere, « Novel for life« . Ses personnages mascottes sont des héros merveilleux de l’âge tendre : princesses, château enchanté, ourson, canard doudou, belle princesse mais aussi autoportrait fétichiste. Tous surnagent et inscrivent leurs poésies naïves dans l’univers enchanteur des jardins du Rivau.

 

En face, l’installation « Encore et toujours » (2009) de Pierre Ardouvin invite à l’aventure. Pierre Ardouvin explore avec une certaine mélancolie l’esthétique du cheap. Avec son manège à chevaux, il revisite cet objet naïf et populaire évoquant le monde de l’enfance. Mis en situation dans le parc du Rivau, ce carrousel inaccessible symbolise le rêve lié à l’imaginaire autour des châteaux de légende. Cependant, il renvoie aussi à la griserie provoqué par le tourbillon sans fin du monde contemporain.

Plus loin dans les jardins….

Au milieu des arbres du verger, le promeneur découvre « Invendus – bottes » (2008) de l’artiste Lilian Bourgeat. Deux bottes surdimensionnées frappent l’attention du visiteur par leur démesure. L’étonnement atteint son paroxysme lorsque le promeneur découvre que ce sont deux pieds gauches ! Selon l’artiste les deux pieds seraient restés invendus dans un magasin pour géant. Le travail de Lilian Bourgeat sollicite la réflexion du promeneur sur la question de l’utilité de l’objet de consommation. Les objets auraient-ils une âme ?

 

Un peu plus loin, l’œuvre de Nicole Tran Ba Vang « Après la pluie » (2004) reprend la forme et le principe du traditionnel verre à saké. Ce dernier  qui comporte à l’intérieur une image érotique. Le plaisir de surprendre avec l’image dissimulée au fond du verre est une mise en abyme de l’œuvre d’art. En effet, l’une des missions de cette dernière est d’étonner le spectateur par son regard nouveau sur le monde. S’y ajoute la notion de voyeurisme : le plaisir de surprendre l’image qui se dissimule au fond du verre est semblable à celui du visiteur, heureux de découvrir un endroit interdit…

jardins octobre

Lilian Bourgeat

Au coeur du jardin du Petit Poucet, le visiteur aperçoit une sculpture de bronze. Non sans humour, Stefan Nikolaev a érigé un « Monument » commémoratif au coyote du célèbre dessin animé (Bip bip et Coyote en français). Ainsi, avec cette œuvre « I liked America and America liked me » (2013), Stefan Nikolaev imagine une autre forme de sculpture. En effet, cemme d’une sculpture narrative.

 

Dans la Forêt Enchantée, si le visiteur lève les yeux vers le ciel, il découvre le mobile de Paul Rouillac « les sept nains » (2011). L’artiste fait danser des lutins, rouges du plaisir de tournoyer accrochés à leur mobile au-dessus des têtes des visiteurs, à la même hauteur que les oiseaux. En regardant vers le sol, on aperçoit « les grands hommes » de l’artiste Claude Le Poète. Ces sculptures en céramique, derrière leurs apparences naïves, représentent de manière ironique les héros des médias : les politiciens…

 

Au sortir de la forêt, « Vaisseau de jardin » (2006) de Lilian Bourgeat intrigue. En effet, Lilian Bourgeat se plaît à agrandir les objets les plus banals de notre quotidien. Promus à une échelle XXL, ils sortent désormais de leur anonymat pour devenir des « Objets Extraordinaires ».

 

Comme par hasard, juste en face, on découvre le labyrinthe Alice au Pays du Rivau. Ici se trouvent les sculptures en 2 dimensions de Jean-Jack Martin nous projettent comme Alice dans un univers merveilleux. Ainsi, avec modestie et talent, l’artiste donne corps aux figures inspirées par les illustrations originales de John Tenniel.

 

Stephan Nikolaev

Stephan Nikolaev

En avançant, le visiteur attentif reconnaitra d’étranges personnages le long de l’allée de marronniers. « Les gardiens » de Lionel Mauny ont été crées à partir des arbres terrassés par la tempête de 1999. Une manière de les éterniser.

 

Plus loin, parmi les grands tilleuls et charmes, le promeneur distingue 5 grandes paires de jambes qui semblent comme mues par le vent. C’est « la Forêt qui court » (1998) de Basserode. Emblématique des jardins du Rivau cette impressionnante installation pose la question du devenir de l’homme dans la Nature. Ou bien, du devenir de la forêt souvent détruite par l’homme.

 

A la lisière de la forêt, surplombant les champs cultivés par l’homme, se trouve « le nid » (1996) de Jean-Luc Bichaud. En effet, celui-ci  semble au premier abord être un banal nid. Mais, recouvert de graines de millet, aliment de prédilection des oiseaux en cage, cet abri prend une autre signification. Effectivement, celle de la protection de la faune dans une nature de moins en moins sauvage.

 

En quittant la forêt, le promeneur est troublé par le grand chêne duquel pend « le piercing » (2003) de Philippe Ramette. A première vue, ce bijou pour orner un arbre peut sembler absurde. Cependant, cette œuvre convoque le fantastique par l’imagination et détourne la fonction première du bijou avec humour.

 

En arrivant au Chemin des Fées, l’amateur découvre « Pot Rouge » (1968-1996) de Jean-Pierre Raynaud. Comme la plupart des œuvres rencontrées dans les jardins du Rivau, « Pot rouge » est empruntée au réel mais détournée de son emploi initial. Ceci, car l’artiste l’a rempli de béton et non de terreau. L’objet devient alors tout à la fois inutile et vital. En abandonnant sa fonction utilitaire, le pot rouge accède au statut d’objet d’art. Au bout du Chemin des Fées se dresse « la Tour Du Bois Dormant » de Dominique Bailly (Collection de l’artiste). Reprenant la forme du toit des tours en poivrières du château, elle est recouverte des sarments de vigne issus de la dernière taille des vignobles de Chinon. Ici, l’artiste explore les origines de la sculpture et de l’architecture en « mettant en scène la nature ». Ainsi, avec cette œuvre, elle crée une structure qui par son mystère déclenche souvenirs et interprétations…

 

En continuant vers le château, sous le châtelet de l’entrée, Pierre Ardouvin réussit à transformer deux banales brouettes de jardins. « Debout » (2005) ces deux brouettes parlent tous les langages de la terre. Ce « ready-made » s’adresse à tous, sans jugements de valeur et sans code entre initiés. C’est là sa force. La collection des œuvres des jardins du Rivau troublent les idées reçues sur l’art contemporain.

Stephan Nikolaev

Jean-Pierre Raynaud

Jérôme Basserode