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Fantômes et Apparitions

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EXPO DU RIVAU 2016 : FANTÔMES ET APPARITIONS

« On Ne Sait Pourquoi, Mais Les Fantômes Aiment À Fréquenter Les Châteaux »

En 2016, l’exposition Fantômes et Apparitions a mis en scène ces figures qui fascinent toujours les artistes de notre époque.
Le mouvement romantique au XIXe siècle avait porté son regard sur les traditions et les croyances populaires, celles qui alimentent ces hantises. De nos jours, nombre d’artistes se passionnent encore pour cet espace mental peuplé d’êtres étranges, de quête de l’irrationnel et de survivance d’images hallucinatoires.
Ainsi, dans les 8 grandes salles du château, 35 oeuvres d’artistes contemporains dialoguaient avec les oeuvres d’art de la collection permanente. Ainsi ils proposaient aux visiteurs un univers porteur d’émotions, témoignant de la prégnance de l’irrationnel à l’heure des nouvelles technologies.

Teaser sur l’exposition Fantômes et Apparitions

Le cabinet du Seigneur Beauvau

Dans le cabinet de travail du Seigneur des lieux, la sculpture Salvatore mundi de l’artiste Jan Fabre semble faire revivre le mythe du fantôme du chevalier errant. Une main gantée d’armure qui a transpercé le mur. Celle-ci retient une boule recouverte d’élytres de scarabées représentant le globe terrestre surmonté d’une colonne vertébrale.
Sur le bureau, la pièce de verre et d’eau, Bottle of Tears de Jean-Michel Othoniel, réactive la boule de cristal des médiums. Créatures, nimbées de voile, les Nephesh de l’artiste Nathalie Rebholz, évoquent l’imaginaire du fantôme. 

Blanc Manger de Magali Vaillant

La hantise peut être dans la tête

Le diptyque photographique Mare Vaporum de Ljubisa Danilovic est réalisé avec le rare procédé d’héliogravure au grain. Cette oeuvre met en scène un personnage et son ombre que l’artiste ne parvient pas à effacer de sa mémoire.
À côté, les peintures au spray Death is certain sont réalisées à la manière de photogrammes. Créée par le duo Clara Djian & Nicolas Leto, cette oeuvre rappellent que les ombres des personnages disparus nous suivent.
Sur la console, les sculptures blanches du duo Combey-Pion imprègnent une atmosphère fantomatique et étrange.
Au-dessus du cabinet de bois doré datant du XVIe siècle, le dessin animé Jardin des Ombres de l’artiste hongroise Eva Magyarosi entremêle revenants, fantômes, arbres et fleurs des jardins du Rivau.

À l’aide du fusain, le plasticien Diego Movilla procède par effacement. Ainsi, issu de la série des Dégommés, le dessin que sa main avait tracé, s’est transformé grâce à une sorte de « repentir » pictural en une apparition brouillée.
En rapprochant deux blocs de minéraux, l’artiste Évariste Richer a substitué l’image de l’enfoui à une vision d’halluciné. Ceci en évoquant les lunettes de pierre ou de bois des Inuit dans un diptyque photographique.

Salle des trophées pour l’exposition Fantômes

Dans la salle du grand logis, les oeuvres d’artistes hantés par les revenants

Dans le cabinet qui renferme des Albarelli du XVIe siècle, l’artiste Hervé Le Nost a glissé un intrus : anthropomorphique. Sa pièce Peter réalisée en céramique à partir des formes de la faïencerie de Quimper évoque Peter Brady cet homme devenu transparent à la suite d’expérience.
Dans la salle du grand logis, les oeuvres d’artistes hantés par les revenants, sont confrontées de manière inattendue avec des objets d’histoire naturelle.
En effet, Nadia Sabourin a convoqué les taxidermies de la salle du grand logis pour leur insuffler un nouveau destin. Les artistes ne sont-ils pas des êtres doués de facultés supranormales, des médiums ?
Sculpté par Nadia Sabourin de manière à la fois primitive et raffinée avec le détail du museau de porcelaine, le totem carbonisé En traversant le bois réincarne les massacres de chevreuil qui peuplent cette salle.
Ainsi, avec vec Noirs Desseins l’artiste montre une autre facette de son talent. Elle procède par effacement pour gommer le pastel, telle la mémoire qui s’estompe. L’image nette de ce doudou choyé s’est comme estompée. Floutée par le temps qui est passé et par le geste de l’artiste.

Pelles de Wim Delvoye au château du Rivau

Dialogue avec la collection du Rivau

Ces oeuvres conversent avec celles de la collection permanente du Château comme le reliquaire Chasse châsse sucrée imaginée par Karine Bonneval, survivance des fantômes de la forêt, ou l’esprit du sanglier même si réalisé en tricot du duo Art Orienté objet
La plupart des fantômes répertoriés dans l’histoire sont des squelettes vêtus de noir, spectres de vivants qui ont commis des atrocités. La pièce de Pierre Ardouvin Déguisement nous le rappelle : heureusement, les bonnes fées des jardins veillent sur Le Rivau. N’ayez pas peur. À côté, l’image secrète de la Sorcière de l’Allée Assolant peinte par Sanjin Cosabic ne peut se révéler qu’en utilisant la lampe à UV qui y est attachée. 

Au mur, avec les serresKatia Bourdarel s’attache à la représentation de l’énergie de déplacement et de transformation. L’artiste révèle la noblesse qui émane de la gent ailée en parant de serres d’argent un oiseau mystérieux se créant de lui-même à partir d’une branche consumée.

Cabinet de Pierre de Beauvau pour l’exposition Fantômes

La Salle du Festin

Dans la salle du festin règne une atmosphère feutrée, l’installation Blanc Manger de Magali Vaillant offre au regard une déambulation entre les différents plats d’un buffet fantôme. Sur la grande table revêtue d’une nappe blanche attendent les spectres de gâteaux-topiaires vestiges en nuance de blanc d’un festin de feutre, dentelles, perles, fourrure et plumes.
En effet, Katia Bourdarel est inspirée par les légendes de la forêt. Petit-frère est une apparition, mi-femme, mi-cerf, une sorte d’esprit de la forêt contrepoint à la tendance rationaliste de notre époque et ouvrant les portes de l’imaginaire de la forêt hantée des contes de fées.L’artiste est inspirée par les légendes de la forêt. Petit-frère est une apparition, mi-femme, mi-cerf, une sorte d’esprit de la forêt contrepoint à la tendance rationaliste de notre époque et ouvrant les portes de l’imaginaire de la forêt hantée des contes de fées.
Enfin, dans la salle consacrée à Jeanne d’Arc : Sept mille quatre-vingt-quatre. C’est le nombre de jours vécus par Jeanne d’Arc. C’est aussi le nombre de traits qui constituent le dessin Enluminé. À travers la réalisation du portrait de cette visiteuse historique du Château de Rivau, c’est aussi la figure inoubliable du film de Carl Theodor Dreyer que l’artiste Julien Serve tente de faire réapparaître en s’inspirant du visage de l’actrice du film dont la puissance psychique continue à hanter sa mémoire.