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L'artiste Karine Bonneval

BIOGRAPHIE

Né le 15 mai 1970, Karine Bonneval a étudié au Beaux-Arts d’Angoulême et aux Arts Décoratifs de Strasbourg dans une section vouée à l’installation liés aux savoirs faire dans l’art contemporain. Puis, elle a été représenté par la galerie Martiné Thibault de la Chaste jusqu’à leur fermeture. Originaire de la Rochelle, et a habité à Paris pendant une quinzaine d’années, c’est aujourd’hui dans la campagne de la région Centre qu’elle y trouve l’inspiration. Elle reste cependant très mobile surtout actuellement entre Cahors et Paris.

LES OEUVRES DE KARINE BONNEVAL

Son travail peut charmer ou alarmer, susciter curiosité et amusement, rejet et malaise. Au second regard, son ambiguïté interpelle, interroge mais ne laisse pas indifférent en tout cas pour Patricia et Eric Laigneau qui la remarque et collectionnent certaines de ses oeuvres. Aujourd’hui, elle expose au château de Chaumont sur Loire et participe à « Cahors juin jardin » où elle y expose son travail qui lie le végétal et l’humain ainsi que les rapport avec la terre et le terroir. Elle y raconte les problématiques de lieux qui parlent du végétal ou du jardin. Cet axe de travail s’articule en plusieurs thématiques. C’est ainsi qu’elle est amenée à travailler avec des scientifiques depuis maintenant deux ans. Ceci lui a permis de produire des choses différentes que ce qu’elle expose au château du Rivau tout en restant dans sa démarche de son travail, : le savoir-faire. Prochainement, elle sera en résidence au jardin botanique à Berlin où elle collaborera avec une équipe de scientifique.

Sa première pièce commandée par Patricia Laigneau, fut le « Grand banc de méduses » en 2006 et qui fait maintenant partie de la collection privée de la famille. C’est la façon de détourner des ouvrages pour dames d’une manière inattendue et pas forcément jolie et gentille qui a tout de suite plue à Patricia Laigneau. Karine Bonneval aime mettre en parallèle deux mondes, celui de la nature sous forme de virginité idéale qui n’existe que dans nos imaginaires nostalgiques, dans un lointain paradis terrestre chimérique et le monde du réel. Ce monde, issu du stéréotype de l’imaginaire, met en valeur l’hybride, la mythologie ce qui est en adéquation parfaite avec l’univers du Château du Rivau. Depuis que Patricia Laigneau met en place des expositions temporaires sur l’Art contemporain, elle fait appelle à Karine Bonneval qui, soit confie une de ses œuvres en adéquation avec la thématique de la saison, soit à défaut, la réalise.

Karine Bonneval au château du Rivau

Karine Bonneval au Château du Rivau - Châsse, chasse sucrée

LES OEUVRES DE BONNEVAL AU CHATEAU DU RIVAU

Châsse, chasse sucrée
Karine Bonneval réalise Châsse, chasse sucrée pour l’exposition de l’année dernière portant sur « Chimères et merveilles ». Faisant maintenant partie des collections privées de la famille Laigneau, la sculpture démontre un des axes de travail de cette artiste : le travail de la matière première. Ici, il s’agit du sucre, qui est une matière très commune mais qui, en même temps, est très précieux et possède un passé douloureux en référence au marché triangulaire, de l’esclavagisme. « C’est une matière faussement innocente, à la fois douce et fantomatique » nous dit Karine Bonneval. De même, les andouilles de chevreuils évoque la beauté tout en illustrant un massacre. C’est ce côté ambivalent qui passionne Karine Bonneval : c’est provoquer un attrait visuel immédiat et en même temps qui va questionner au second regard et va entrainer une interrogation sur les matériaux utiliser.

- ONDINE
Connaissant bien les lieux, l’environnement notamment patrimonial et contemporain de la salle des Dames ainsi que les codes couleurs, Mme Laigneau a demandé à Karine Bonneval d’investir la table de la salle pour l’exposition temporaire de cette année qui s’intitule « Vie de château ». Elle décida alors de confectionner une coiffure, une chevelure, dans la continuité de son travail qui porte sur la réalisation de tenues constituées de matériaux différents liés aux végétaux. Karine Bonneval décida de mettre en lien ses recherches sur le visible et l'imaginaire du monde végétal avec celui des fées qu'affectionne Madame Laigneau. Le monde des fée tout comme le végétal peuvent se rapprocher de l'animisme. Par ailleurs, comme la région est traversée par de nombreux cour d'eau, l'artiste a pensé aux Ondines, déesses gauloises, déesses des eaux. C'est encore une fois une confrontation entre le chimère et l'hybride, une confrontation de mondes, valorisant le mystique du Moyen Age. Karine Bonneval s'est inspirée de plusieurs personnages pour créer sa légende
. Elle s'est tout d'abord inspirée d'une statue en bois de Marie Madeleine datant du XVème siècle, qui portait deux macarons remontés par un filet. Elle s'est également inspiré de la première chanteuse virtuelle japonaise, Miku Hatsumi. Celle-ci incarne un personnage de manga portant une chevelure turquoise ramenée en deux couettes. Par conséquent, Karine Bonneval s'inspire de références traditionnelles pour les transposer dans le monde d'aujourd'hui et faire du contemporain, à l'image de ce que peut faire le Château du Rivau. « Les macarons de Marie Madeleine me font penser à un casque audio, au numérique », nous déclare Karine Bonneval.
Ainsi, c'est une perruque d'un bleu turquoise sortant des profondeurs légendaires qui s'adresse à nous, à notre monde actuel. Elle est composée d'une matière de tresses de faux cheveux. A partir de perruques, elle tresse à l'aide d'un petit fil à l’intérieur puis elle coud les tresses entre elles avant de faire une sculpture à partir de cet ensemble. C'est au Château du Rivau que cette œuvre prend tout son effet, face aux perruques d'Elodie Antoine Princesse au diadème et Princesse au ruban qui, regardant par la fenêtre, attendent leur prince charmant. De plus Ondine est en dialogue avec la tête de cerf Petit frère de Katia Bourdarel, et expose toute sa beauté comme la Dame aux mouchoirs de Céline Cléron. La salle des Dames du château du Rivau expose un monde du Moyen Age pris entre la beauté féminine, leur rôle dans la société, les esprits et les légendes qui s'y rattachent tout en nous questionnant sur ce qu'on est aujourd'hui et c'est ce que Karine Bonneval a parfaitement réussi à évoquer dans son œuvre.