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Daniel Schlier

BIOGRAPHIE DE DANIEL SCHLIER

Daniel Schlier est né en 1960 à Dannemarie, dans le Haut-Rhin. D’abord diplômé de l’Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg en 1978, il poursuit ses études à l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts Plastiques en 1983. Il y retourne dès 1999, cette fois en tant que professeur, jusqu’en 2017, date à laquelle il commence à enseigner aux Beaux-Arts de Paris. Il a en outre peint des décors de théâtre et de cinéma. Il vit et travaille actuellement à Strasbourg. Des expositions monographiques lui ont été consacrées un peu partout, à Zurich, Berlin, Nijni-Novgorod en Russie ainsi qu’au Château du Rivau, où il a présenté son travail à la feuille d’or autour du thème des chevaliers en 2009.

L'OEUVRE DE DANIEL SCHLIER

Peintre, graveur, dessinateur… Daniel Schlier mêle supports et techniques pour créer des œuvres composites que le regard du spectateur reconstitue, un peu comme s’il nous apprenait à les regarder et à les détailler. Certains motifs sont récurrents dans son travail : les formes géométriques, les animaux, les parties du corps humain. Il reprend des thèmes classiques de représentation, qu’ils soient empruntés à la mythologie grecque où à la peinture religieuse du Moyen-Âge et à ses Vanités. Par exemple, dans La vision de Saint-Hubert, il représente un cerf à la feuille d’or et à la peinture à l’huile, le tout sur un support de marbre dont les veines donnent une vibration particulière à cette œuvre. Il reprend également des éléments traditionnels du point de vue formels, à l’instar du fond d’or, mais ceux-ci sont détournés d’une façon contemporaine. Certaines de ses œuvres ont par ailleurs une connotation surréaliste de cadavre exquis ; par exemple, il représente dans Bras de fer dans un paysage désolé deux bras, ajoute un œil à gauche de la scène… L’œuvre de Daniel Schlier est donc composite, parfois excentrique, mais toujours érudite. La galerie Jean Broly, qui le représente, dit de lui qu’il « serait, dans la meilleure acceptation historique du terme, un peintre d’icônes. Respectueux des règles de cet art, son objectif principal est d’arriver, par une technique précise et irréprochable, à doter l’image d’un pouvoir ‘magique et pétrifiant’ ».

L'OEUVRE DE DANIEL SCHLIER AU RIVAU

Avec Fantôme et rhomboèdre, Schlier utilise la technique de la peinture sous verre, qui existait durant l’Antiquité mais qui est devenue très en vogue à la Renaissance. La face de la peinture que nous voyons est en fait le verso de la peinture, car le verre joue à la fois un rôle de support et de couche protectrice. Cette technique exige par conséquent de travailler avec un miroir, ainsi que d’effectuer tout le travail pictural « en inversé ». Autrement dit, on commence par peindre les détails, et on termine par les à-plats de couleurs et les grandes formes, à l’inverse de ce que l’on ferait sur une toile. « Pourquoi le verre? Parce qu’il n’offre rien, c’est une surface lisse, transparente, sans matière ni couleurs, pas même le blanc de la toile. Comment un monde se construit-il là-dessus? (...) Je peins à l’envers, recto-verso, devant-derrière, comme Charlie Chaplin met en scène son propre personnage, devant et derrière la caméra » explique le plasticien alsacien lors d’une conférence donnée à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Tours en 2009. Le support n’est pas la seule référence faite au temps de Leonardo : le « rhomboèdre » par exemple est un solide comportant six losanges en guise de faces. Cet élément nous rappelle que la Renaissance fut un moment de grande avancée scientifique, que les artistes tels qu’Alberti ont accompagné par des traités reprenant les principes de la géométrie euclidienne. Finalement, Schlier fait ici une citation du célèbre et mystérieux sfumato du génie italien, enveloppant ce qui pourrait être la figure de Léonard de Vinci dans une représentation métaphorique alliant l’Artiste et sa Création.